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Super Final GV : Manche 10, remise des prix et bilan

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Cette dernière manche était surement celle de trop. Les conditions étaient fortement ventées et très limites au déco. A l'heure du start, je me retrouve à 100m sol, sans vraiment savoir comment, à la recherche d'un fort ascenseur pour rejoindre mes camarades au plafond. Ce que j'ai réussi à faire avec 10 minutes de retard. Je me suis accrochée, je voulais la boucler avant tout. J'ai même fait demi tour pour laisser passer une zone d'ombre. J'ai échoué à 60 km, remportant haut la main mon certificat de voiture balais après m'être durement entraînée sur quelques manches cette semaine. Pour terminer cette compétition, rien de tel qu'une petite marche d'1h15 sous le soleil, entre vaches et serpents, à la recherche de réseau puis d'un chemin carrossable. 

Maxime Pinot a étalé son art sur la table pour cette dernière manche, écrasant tout ses camarades avant même qu'un seul puisse sortir une carte, écrasant également les points. Il boucle le parcours plus de 10 minutes devant le second.Cette manche est donc discardée pour les pilotes en haut du classement, permettant ainsi à Charles Cazaux de monter sur la boîte, empêchant Adrian Hachen de faire un hold-up. 

Le meilleur moment de la journée fût lorsque j'ai planté une cuillère dans une part gâteau beurré au citron recouverte d'une fine couche de marmelade à la mangue tout en me disant que c'était fini. Terminé. Cette saveur douce et sucrée a vite enlevé un certain goût de déception, laissant place à la satisfaction d'avoir mené de front cette compétition, en me levant chaque jour comme si c'était le premier, comme si chaque matin était une nouvelle course à part entière et que la veille n'était qu'expérience. 

Super Final GV : Manche 10, remise des prix et bilan

J'avais deux objectifs avant d'arriver sur cette compétition, premièrement ne pas être malade. J'ai mis tout les chances de mon côté, et malgré quelques désagréments liés à notre flore intestinale d'européens aseptisés, ce premier objectif a été atteint, me permettant une belle revanche mentale sur les championnats d'Europe.

Mon deuxième objectif était de reprendre de la confiance. Etant à l'origine une pilote plutôt "attaquante", se raisonnant difficilement au vol de groupe, j'ai réussi à me formater durant les deux dernières années. Ce qui m'a permis une meilleure régularité mais qui a eu pour conséquence la perte de mon instinct. Bridée par le conditionnement, il m'était difficile de trouver cet équilibre, celui qui permet de gagner mais également de ne pas perdre. Sur cette compétition, j'ai fait de très belles manches, j'ai retrouvée ce panache qui me manquait, mais j'en ai fait aussi un bon paquet de mauvaises. Governador Valadares restera un mystère pour moi, je n'ai pas encore décrypté tout les aspects cette masse d'air et les règles de courses. 

Comme l'a toujours dit Didier Mathurin, le podium : c'est la cerise sur le gâteau. Et c'est comme ça que j'ai abordé cette compétition, avec l'idée de faire un bon gâteau et d'aviser ensuite pour la déco. J'ai toujours eu du mal sur le positionnement homme/femme dans la compétition en parapente, le féminisme millitant m'est insupportable. J'ai souvent été perdu entre mes envies et celles que les autres attendent de moi, du moins celles que je pense attendues. Dans notre sport, les différences entre homme et femme sont aujourd'hui de plus en plus réduites avec l'évolution positive du matériel. J'ai enfin retrouvé la paix avec moi, pilote, sur cette longue compétition. J'ai trouvé la voix pour abordé ce rapport un peu conflictuel que j'entretenais avec cette question. J'ai trouvé la recette. Je suis un pilote, au milieu d'autres pilotes. Je suis quelqu'un. Qui parfois met une robe. Et parfois une cerise sur le gâteau.

Evidemment, ce n'est pas uniquement en faisant de bonnes manches qu'on remporte une compétition, la régularité est le mot clé. Il reste du travail encore pour avoir les capacités de replacement de Charles Cazaux, le niveau technique de Seiko Fukuoaka Naville, la lecture du ciel de Maxime Pinot, la confiance ilimité d'Honorin Hamard, l'expérience de Jean-Marc Caron, et l'humilité de Julien Wirtz.

https://goo.gl/photos/8CnwkV95FVqheubQ9
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Félicitations à Aaron Durogati qui réédite 3 ans après, et à Seiko qui renouvelle son titre. 

Je termine cette compétition fatiguée mais surmotivée pour les 2 grandes échéances de ma saison : la coupe du monde en coeur de Savoie (Mont Lambert) du 20 au 27 mai et les championnats du Monde à Feltre dans la dolomites en juillet (Italie).

Merci à vous, lecteur, de suivre ces aventures qui se prêtent au partage ! 

 

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Super Final GV : Manche 9

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Super Final GV : Manche 9

Je vais faire court et vous laisser profiter de ces quelques images, je suis extrêmement fatiguée et j'ai peu d'inspiration. Aujourd'hui, une belle manche de 95 km dans des conditions qui n'ont jamais été aussi généreuses depuis le début de cette compétition. Un bon start, une très belle première partie et puis une surchauffe, un point bas, une remontée et une rentrée au goal des plus tendues avec un engagement que je ne me connaissais pas encore, une casse bien limitée avec 5 minutes de retard et une 36ème position. Je prends !

Super Final GV : Manche 9

Je ne pensais pas qu'il était possible de déchirer une voile en 3 morceaux, je veux dire autrement qu'en laissant traîner des ciseaux et un enfant de 3 ans à proximité... C'est ce qui est arrivé à un pilote qui s'est fait rentrer dedans aujourd'hui, le troisième morceau a été trouvé sur le pilote responsable de l'accident. 

Demain, dernière journée de cette longue compétition. Une manche qui va se courir sous haute tension, nous sommes tous derrière Charles Cazaux qui va essayer de monter sur la boîte. Pour ma part, je vais simplement éviter les chutes de tensions et essayer de terminer cette compétition sur une belle performance.

Pour nous suivre, c'est par là : http://pwca.org/

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Super Final GV : Manche 8

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La journée n'avait pas très bien commencé, et pourtant... Effectivement, j'ai réussi à faire brûler ma chemise de nuit en la posant sur une lampe avant de me jeter sous la douche, manquant de peu de mettre le feu à la Possada. Ensuite j'ai essayé de ne pas ressortir l'omelette du fond de mon estomac durant toute la montée au déco, puis de ne pas dormir. Si on regarde plutôt le verre à moitié plein et non à moitié vide, je vais avoir une nouvelle chemise de nuit pour mon anniversaire, mon estomac s'est lié d'amitié avec des poussins et j'ai profité de la vue au décollage..

Bref à 11h45 pétante, j'étais prête à me mettre en l'air afin d'être à l'heure au start et faire 103 kms de course avec mes camarades.

photo Laura Sepet

photo Laura Sepet

La volonté est une bonne chose, du moins le début de toute chose mais elle ne garantie rien. Dés les premières minutes en l'air, j'étais vaseuse avec la sale impression que mes yeux allaient se fermer tous seul. Après un start à peine mieux que la veille malgré des conditions bien plus généreuses, j'essaie de me mettre dans la course et aujourd'hui Governador me sourit. J'ai les bonnes options, les bonnes Vz, je recolle la queue du groupe avant B2, et vient me replacer en contrôle de la tête juste après.

Comme une cuillère dans du beurre, juste une ligne un peu plus à droite que je sens mieux dans cette voile magique qui peine tout de même à donner des infos. Comme un cadeau du ciel, qui voudrait se faire pardonner la journée d'hier. Me revoilà sur le ring, les gants de boxe enfilés, sctochés, celle là je ne vais pas la laisser passer.

J'anticipe le passage du plateau, je profite des oiseaux, l'écart se creuse entre ceux qui passe la marche et les autres. A 40 kms du goal, Maxime Pinot prend les rênes en main. Je manque un peu de panache sur la fin, mais surtout de vitesse pure, je vois des avions de chasse me passer sous les pieds durant les 12 kms de rentrée au goal. 

Une 16ème place, à 3 minutes de l'artiste. Heureuse.

Ce n'est pas seulement en gagnant des manches qu'on gagne une compétition. Le beurre, l'argent du beurre, et la crémière ? Un peu de beurre pour mes tartines me suffira, encore 2 manches sûrement les plus dures avant que cette compétition touche à sa fin.

A demain !

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Super final GV : Manche 7

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Vous voyez ce verre rempli d'eau en equillibre au bord de la table? Vous savez qu'il risque de tomber, vous voulez le remettre au centre de la table, trop tard, il perd l'équilibre, vous vous jetez dessus, il vous glisse des mains, vous fermez les yeux, votre visage se crispe pour ne pas entendre le bruit du verre se briser. Vous n'y pouvez rien, mais vous avez cru y pouvoir quelque chose ? Ou alors vous y pouviez vraiment quelque chose mais vous avez déclenché votre action de sauvetage un millième de seconde trop tard ? Peu importe, au final, c'est que de l'eau. Et du verre.

Super final GV : Manche 7

J'ai passé la journée à voir des verres m'échapper des mains. A commencer par le start, un petit soucis d'instrument me fait décoller tard, je vois la meute partir pendant que je suis loin du plafond. Je n'arrive pas à recoller, dans le calme, j'essaie de trouver de bonnes vz, sans prendre trop de risque. Je constate seulement des échecs.Tans pis, c'était un beau cross, j'ai partagée une bonne partie de ce vol avec Honorin, puis beaucoup de thermiques avec des Urubus, j'ai même rencontré un poisson. Il ne le sait pas mais je lui ai sauvé la vie. Il allait mordre à l'hameçon du pêcheur quand je suis passée faire de l'ombre à ce dernier, une petite trentaine de mètres au dessus de sa tête. J'ai ajouté un petit bruit de chiffon en rentrant une demi aile dans un + 4m, j'ai regardé si le poisson ne s'était pas mis à voler vu la force du thermique mais le plan d'eau était toujours au sol, de plus en plus petit, pendant que je rejoignais le nuage, déterminée à rentrer au goal. Ce que j'ai fait , 35 minutes après les premiers. 

Depuis les championnats d'Europe en Macédoine, j'ai décidé d'une chose : plaisir avant tout. Pour tout celui que je n'ai pas pris durant ces championnats. C'est que du parapente, du vol.

Ce soir je garde le sourire sur un bon fond de fatigue, même si Governador n'a pas envie de me sourire, demain, je lui représenterai le même. 

Super final GV : Manche 7

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Super final GV : Manche 6

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Super final GV : Manche 6Super final GV : Manche 6
Super final GV : Manche 6

Hier matin, j'étais un peu tendue au décollage, plus que d'habitude. Après avoir faire un bon début de compétition, j'ai enchaîné 3 manches sans qui m'ont poussée à une bonne remise en question. J'ai de bonnes sensations, de bonnes capacités à avancer, mais je n'accepte pas assez le vol de groupe. Ce qui n'est pas nouveau en soit... 

L'objectif du jour était donc de ne pas s'isoler, sans pour autant briser toute initiative et se fondre dans le train train. Et j'avais la boule au ventre de ne pas réussir à le faire. Au start, j'étais encore plus tendue qu'au sol. Je ne fais pas la meilleure opération dans le premier thermique, les cycles sont courts, on se gène, rien n'est évident. Les différences de lignes sont importantes, je recolle avant d'arriver à B1 et me retrouve plutôt dans une position de dominance que j'arrive à conserver.

Lorsque nous raccrochons le relief, je sens la tension qui augmente crescendo, ma façon de voler devient plus agressive, je quitte les thermiques tôt, alors la recherche de mieux, avec un meilleur cycle. Ca fonctionne plutôt bien.
Il reste 12 km et l'appel de la dernière balise est trop fort, je quitte un bon thermique pour aller claquer le cylindre, tout en espérant le retrouver au retour. Je sais que je joue gros, et que cette prise de risque est peut être celle de trop. Mais je n'arrive pas à me brider, je le sens bien, lucide, j'accepte les conséquences de ce risque. Je vois l'aile d'Honorin, 500m plus bas. Il est en feu et je sens que ça va marcher. Si il n'y a pas de thermique, je le sais capable d'en créer un.  Au retour, je retape dans le thermique encore puissant, derrière le groupe n'a pas le même cycle et l'écart se creuse. Nous sommes au sommet du thermique avec Michael Sigel, Honorin et Julien Wirtz en éclaireur. Il y a une très belle place à aller chercher, je pars du thermique lorsqu'il faibli, transite sur le dernier ascençeur avant un push final sous haute tension. Lorsque mon GPS indique une altitude de 650 m à la balise des points temps qui est un rayon de 1,7 km autour du décollage, j'attrape pour la dernière fois du vol mon deuxième barreau que je cale au fond du cocon pour les 5 kilomètres restants. La ligne que je choisis n'est pas vraiment bonne et mon altitude baisse, je ne lâche rien. Bon d'accord, je suis obligée de relâcher quand je me retrouve la pointe du cocon dans les arbres et que je n'ai pas encore validée le cylindre, je contourne une épaule, rentre dans une combe, mon gps sonne. Le temps s'arrête. Maintenant il faut remonter pour faire les 4 kms qui m'éloignent de la ligne d'arrivée. Je respire, tout est allumé, les oiseaux chantent, je trouve rapidement le thermique et sens la délivrance montée en moi, la tension s'évanouir, le plaisir vient pincer mes joues pour m'offrir un large sourire. Je l'ai fait!

Une 6ème place pour cette 6ème manche... Même si je marque autant de point que celui qui fait 50 avant hier, je suis contente de cette performance. Si il faut en plus savoir sur quelle manche performer, ça devient vraiment compliqué. (Pour ceux qui se posent la question... on y comprend pas vraiment plus que vous en ce qui concerne le scoring)...

Aujourd'hui, c'est jour de repos. Objectif bilan, farniente, sieste, lecture, repas, profiter de la vie locale et oublier la compétition durant une petite journée pour repartir d'aplomb pour les 4 manches restantes.

A mercredi soir !

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Super final GV : Manche 5

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Reste avec le groupe, reste avec le groupe, reste avec le groupe, reste avec le groupe, reste avec le groupe, reste avec le groupe, reste avec le groupe, reste avec le groupe... Oh un nuage ?

Pourtant après la super finale en Turquie, où j'ai vu tout le groupe de tête enrouler une bombe atomique à 17h dans l'ombre d'une face Est pendant que je survivais sur une belle pente caillouteuse orientée ouest, je m'étais promis de donner raison au groupe, même dans les scénarios improbables. Mais j'ai dû oublier cette promesse, hier m'a rafraîchie la mémoire. Nous n'avions pas encore fait 10% de 94 kms que la nuit nous gagnait, j'ai choisi une ligne sous des cums encore actifs pendant que le groupe, avançait plus vite, sur la trajectoire la plus courte, dans l'ombre, sous un voile bien épais. 

A B1, j'ai 4 kms de retard. Je décide de m'agréger à un groupe. B2 est au soleil mais avant d'y arriver, une belle traversée de l'ombre nous attend. Traversée qui se transforme en stage cross, tout le monde se regarde, personne prend des initiatives. ça m'énerve. Je vois ce genre de situation comme un travail collaboratif, l'objectif est de voler en escadrille, pour sonder la masse d'air et être sûre de trouver le thermique dans une large zone de prospection. Mais mes camarades ne le voit pas du même oeil, se cachant les uns derrières les autres. Partie en poisson pilote, j'accroche les cycles des précédents, finis par les décrocher et trouve deux autres pilotes qui veulent bien jouer le jeu. J'arrive au goal 30 minutes après les premiers, on peut dire que c'est une progression par rapport aux 40 minutes d'hier... 

Super final GV : Manche 5Super final GV : Manche 5

On a fait la moitié de la compétition, un peu moins de moins de 450 kms, environ 25h de vols. De la fatigue se fait sentir. Je n'ai plus le droit à l'erreur, un seul mot d'ordre, rester avec le groupe et s'y tenir.

Niveau résultats, ça va être compliqué mais je reste positive et motivée. Je vais suivre les conseils de notre hôte...

Super final GV : Manche 5

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Super final GV : Manche 4

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Super final GV : Manche 4

92 : mon année de naissance. Ma place au goal aujourd'hui, et mon classement sur la manche du jour. Une dédicace pour mes parents.

101 kms de lutte. J'ai perdu le groupe faisant l'impasse sur le premier thermique après le start, pensant trouver meilleur sous de beaux cums situés un petit kilomètre plus loin. C'est ici que j'ai perdu le groupe, ce rouleau compresseur qui tapait dans de gros thermique pour rebondir de plus belle pendant que j'essayais de trouver chaussure à mon pied, autrement dit une belle Vz pour les recoller. Ce qui n'est jamais arrivé. A B2, je fais mon premier point bas et comprend qu'il n'y a plus vraiment d'espoir en regardant mes camarades monter au dessus de moi. Quand je m'en sors en 3 petits thermiques miteux, je suis décidée à faire le goal. Je donnerai tout, peu importe si c'est pour 600 minables points, mais je verrai cette foutue ligne d'arrivée. J'exécute, prends mon temps, tourne, tourne, tourne, et retourne pour faire des ptits ronds, des ptits ronds, des ptits ronds, des ptits ronds. Seule dans ce beau ciel, je fais le vide, je suis fatiguée mais pas peinée. J'apprends à voir les choses du bon côté.

Super final GV : Manche 4

Après ces 5h30 de vol, je suis raide. J'ai remis de l'essence dans le moteur et vais dormir la bouteille d'eau à côté de l'oreiller, puis espérer me réveiller en pleine forme demain, pour une autre belle journée.

 

 

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Super final GV : Manche 3

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Super final GV : Manche 3

Quelle manche ! 86 km de pure folie à enchaîner les points bas entre quelques moments de répit.. Manche que je ne pourrais pas vous raconter puis que j'ai réalisé seulement 20 km, soit un seul point bas à moins de 40m/sol où je me refais dans un bon thermique déclenché par la meuglement des vaches, qui me donne tout le loisir d'aller terminer mon vol quelques kilomètres plus loin. Après avoir survécu aux chiens, aux serpents et aux mygales, j'ai attendue la récup qui m'a déposé à un village. Puis Klaudia est passée, sur la place passager dans un splendide pick-up pour nous sauver et nous ramener rapidement au PC course. Ce local Brésilien, improvisé taxi nous propose de l'eau, de la crème anti-moustique, du lait (???)... même pour travailler chez UBER, il serait trop qualifié. Il nous pose une question, c'est drôle, une qui revient souvient : "Vous pouvez gagner beaucoup?" On est 4 pilotes dans la voiture, une Polonaise, un Iranien, un Allemand et moi Française... On rigole bien. Lui aussi quand on lui explique qu'on paye cher, un billet d'avion aller-retour, une inscription, du matériel, pour venir risquer d'attraper la fièvre jaune ou le virus Zika, au milieu d'un champ, perdu entre 2 thermiques. Et qu'on prend vraiment du plaisir. Oui oui, même aujourd'hui.

Bon d'accord, je vais quand même vous raconter le début de la manche.  Ce fut la course avant la course, avant on appelait ça start au sol. Le rayon du start faisait 52km, et on était à 17 km du point optimisé. Quand le speaker a annoncé qu'on pouvait décoller avant l'ouverture de la fenêtre, tout le monde s'est équipé rapidement pour se jeter en l'air au plus tôt. J'étais bien, dans le bon rythme, je réussi à rattraper les premiers avant l'heure du start. Là où j'aurais du profiter d'une position de contrôle, je tente le coup de trop, celui qui m'isole dés le début. Etre dans le groupe ne m'aurait pas assurer le goal, car cette manche fût une longue survie pour tout les pilotes, il fallait faire les bons choix et avoir un peu de réussite sur le déclenchement des cycles, autrement appelé la chance. Une manche que je discarde donc et qui me permet de remettre les pendules à l'heure. 

 

Super final GV : Manche 3

J'aurais quand bien aimé goûter à se goal, sentir les sensations qu'on peut avoir après une telle manche, après avoir tout donné, y avoir cru, s'être vu posé mainte fois. Ne me dites pas que vous n'avez pas eu la larme à l'oeil en regardant le premier Interview d'Armel le Cléach après avoir fait le tour du monde en solitaire en seulement 74 jours. C'était un peu pareil quand j'ai regardé les copains passer la ligne d'arrivée. La compétition en parapente apporte des sensations inégalables, je n'ai qu'une envie, c'est d'être demain, pour réessayer, encore et encore !

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Super final GV : Manche 2

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Super final GV : Manche 2
Super final GV : Manche 2

Ce matin, j'étais repartie comme neuve, prête pour une nouvelle journée, avec un compass gentiment prêté par Julien Wirtz. Bizarrement, je ressentais un peu plus de pression que dans les startings blocs, peut être la peur ne pas pouvoir continuer cette belle lancée. Et croyez moi, pour ces 86 kms, il fallait être bien lancé... Ce qui ne fût pas mon cas après un start bien calamiteux. La patience n'était pas de mise, je n'étais pas au bon régime, j'ai commencé la manche par le bas, le pied sur la barreau, cherchant à voir ce que ma Zeno avait dans le ventre. Dans ma tête, beaucoup d'envie, trop d'excitation, je mouline... à 300m/sol, je m'en rends compte. Je tire le frein à main, acceptant de voir le rouleau compresseur défiler perché au dessus de ma tête et prend le rôle de voiture balais. Après avoir pris le temps de monter, j'observe que la tête de course ne s'est pas vraiment échappée et lutte dans le prochain thermique. Je rebondis dans le bon cycle et réussi à passer en voiture éclaireuse après B1. Devant moi, une échappée de 5 pilotes, Petra Slivova (j'y ai cru pour toi Petra!!!) et des suisses, qui passerons la ligne d'arrivée 10 minutes avant tout le monde. 

Nous choisissons une ligne plus à droite, avec Maxime Bellemin et Thomas Gury, nous partons à l'attaque de la troisième balise avant que le groupe nous rattrape.. Prêt du sol, nous survivons, je ne comprends pas pourquoi le groupe continue quand je réalise que nous sommes seulement à 800m du cylindre.. Je n'avais pas regardé mon instrument depuis un moment. A moins de 20km du goal, cette erreur dû à un manque de lucidité me fait perdre l'espoir d'un bon classement. Au final, 16 minutes sur l'échappée, 6 minutes sur le groupe de tête. Au goal, et avec Yael ! 

Aujourd'hui, il fallait juste compter le nombre de turn-over entre le groupe de tête et le second groupe pour être placé dans le bon au moment de passer le cylindre des points temps... ou bien être suisse !!! Bravo à Tim Bollinger qui remporte les 2 premières manches de cette super finale. 

20% ? C'est pas vraiment une bonne affaire, surtout en période de solde. 20% c'est ce que nous avons seulement fait de cette longue compétition. Vu la météo, il est bien possible que nous volions les 10 manches prévues. On remet ça demain ?

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Super Final GV : Manche 1

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Je vous écris avec le sourire, celui qui suit une belle entrée en matière pour cette super finale. Ça doit être le combo cake au poulet - omelette complète jambon fromage - banane - jus verde ! Comme le décollage se fait aux alentours de midi, nous devons adapter nos habitudes alimentaires. Comme la digestion est coûteuse en énergie et nécessite un apport sanguin, digérer en l'air peut fatiguer. Le réveil étant propice à l'absorption des protéines, le p'tit déjeuner salé est le bienvenu ! (À mediter pour vos cross du printemps...)

Super Final GV : Manche 1

Au menu aujourd'hui, une manche de 80 kms avec des zig zags dos au vent est proposéz. Effectivement, ça ventile sur le déco, les nuages sont chargés d'eau ce qui nous vaut une belle course à  la fin du briefing pour mettre les voiles à l'abri. A midi, les premiers se mettent en l'air, les conditions sont molles et ventées. Je m'équipe et me mets en l'air avant que la chaleur me liquéfie. J'aperçois l'écran de mon compass brisé, il fonctionne mais je ne peux plus accéder au menu. J'oublie vite cet incident pour me concentrer sur ce que j'ai à faire, on verra une fois au sol l'étendue des dégats. Je suis pas très haute, rien ne perce et je n'arrive pas à prendre de décision, certains ont trouvé une porte de sortie plus au vent, j'essaye d'évaluer le temps qu'il me reste et les différentes possibilités qui s'offrent  à moi. J'hésite longtemps puis ne prend pas de risque, reste à ma place, passant le start dans le bas du paquet. Une fois lancée dans le course, on est plusieurs à décider d'avancer avant de chercher à monter, on trouve de bonnes vz sur la partie du relief au vent et au soleil, et c'est à ce moment là que le groupe de tête se forme. Je me pensais à la bourre quand je me rend compte qu'on ne pourrait pas vraiment être mieux placé. Du calme, je me reprend, et objective la situation en me promettant de le faire tout au long de la manche. On est une petite dizaine à prendre une ligne plus au nord ce qui nous permet de faire un hold up de la première balise. Le groupe de tête nous rattrape et nous filons sur la suite du parcours, barreau calé au fond de la sellette. Nous touchons des thermiques moyennés è +2m, très cycliques, des plafonds à 1600m. N'ayant pas encore bien affûté mon accélérateur, ni mes cuisses et mon cerveau qui se remettent en fonction après 4 mois de pause... je finis par me retrouver dans les queues de thermique du premier groupe et choisi de ne pas lutter, et de me mettre en contrôle du second groupe qui nous a presque rattrapé. J'engloutis une barre de fruit sec, j'aspire l'eau de mon camelback, je déglutis et c'est reparti. Je profite du bon cycle de ce groupe et remets les gazs. Je manque un peu d'opportunisme sur la fin, également de vitesse, je rentre à 1 minutes 30 du premier, Aaron Durogati son sa boom 11.

Super Final GV : Manche 1
Super Final GV : Manche 1

J'avais oublié à quel point c'était bon de faire la course... ! Contrat rempli pour la journée, la première d'une longue série, tout reste à faire ! 

Les résultats : http://pwca.org/results/results/

Super Final GV : Manche 1

Plus qu'à trouver une solution pour remplacer mon compass...

 

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