PWC Argentine - Mina Clavero : Conclusion

March 15 2014, 09:45am

Posted by Bip bip

En empruntant une dernière fois la route du décollage, cette fois ci pour traverser la cordillère et rejoindre l’aéroport de Cordobà, je repensais à tout les états mentaux traversés durant les 6 montées au décollage. Comme un mélange d'émotion formant un brouhaha dans ma tête, laissant résonner les différents sentiments que j'avais pu éprouver au cours de cette semaine, toutes les pensées qui avaient pu traverser mon esprit ainsi que celles que j'ai inventé pour arriver à terme de cette semaine de compétition.

5 manches courues, 2 non bouclées, 2 bouclées par seulement 3 pilotes, 1 manche normale où une soixantaine de pilote ont pu voir le goal. Et pour cause, un site très cyclique et des conditions bien aléatoires. Chaque jour, 20 pilotes en faisaient les frais et posaient au pied du décollage. Pour les survivants, l'incertitude persévérerait tout au long du vol. Comme si une force suprême avait sous son doigt l'interrupteur, pouvant à tout moment le mettre en position off. Malgré cette caractéristique, ce site est magnifique avec ses roches, ses plateaux abritant des prairies entre les dalles et quelques lac. Les condors sont venus s'amuser avec nous pour nous offrir quelques instants de vol unique. Bien souvent pour nous regarder de haut dans le thermique. Je dirais que c'est un beau site de vol libre, mais un pas un terrain à Coupe du Monde.

A son pied : Mina Clavero, première destination touristique de la région. Des petites boutiques attrape-touriste en pagaille et quelques bons resto caché au milieu des maisons à steaks-frites. 2 ou 3 épiceries locales où nous avons acheté de quoi nous assurer notre récupération après les manches, un bout de jambon accompagné d'un fromage de chèvre. Une vie apaisée par la rivière. Une chouette ville.

Une organisation pas vraiment au point, malgré la grande sympathie de tous. Une récup défaillante, qui nous m'a valu beaucoup d'attente, et des retrouvailles avec mon lit bien après les minuits lors des 2 premières journées.

Quant à ma voile, ou l'absence de ma voile, je ne sais quoi en conclure. Est-ce de voler en EN-C qui m'a permis de me retrouver ? De faire une compétition de moindre niveau ? Sous cette Delta2, j'ai retrouvé des sensations de course : j'ai réappris à voler, revisité les bases, j'ai su m'adapter. Et puis la joie de retrouver ma voile combiné à la sensation de facilité m'ont offert deux belles dernières manches, pas tant en résultat qu'en manière Le plaisir de deux échappées. Si vous saviez à quel point ça fait du bien après toutes ces dernières compétitions où les sensations, le plaisir et le résultat n'étaient pas présents.
Une 20ème place, 3ème féminine, je gagne ma qualification pour la Super Final.

Il y a une chose dont je n'ai pas parlé durant cette semaine, qui pourtant m'a touchée, que je n'ai pas voulu aborder tant la situation n'était pas "réglée". Dés la première manche, un des nôtres a eu un accident. Le secours puis la prise en charge ont été laborieux, un traumatisme grave mais non vital, ce qui lui a permis de s'en sortir.

J'aime voler, j'aime la compétition mais j'ai bien peur qu'un jour, l'amateurisme de notre sport, sur tout point confondu, vienne a bout de ma pratique.

Le retour en france fût long et éprouvant. Le prochain voyage n'est pas pour tout de suite. Prochaine Coupe du Monde dans 3 mois, à la maison.

PWC Argentine - Mina Clavero : Conclusion

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Mina Clavero : Dernière manche

March 10 2014, 13:01pm

Posted by Bip bip

Cette dernière journée fût un peu particulière, abordée dans le stress d’un départ précipité. Nous avons fait nos valises la veille, rendu notre logement au petit matin, organisé le voyage en bus à Cordoba pour partir dans la soirée. Difficile de se concentrer, de s’inscrire dans l’instant, alors que toute mon attention doit être là pour cette dernière manche.

Pour cette ultime course au but, un ciel allumé comme jamais avec de belles lignes se dessinant en plaine. Pour sûr, la compétition se terminera avec une 5ème manche. Un seul obstacle météo, le vent de nord annoncé entre 15 et 20 km/h suivant les prévisions.

50 km en local nous sont proposés. Un start au relief, une balise à gauche, une autre à droite, une traversée de la plaine avant d’aller faire un goal à l’aérodrome. Une petite distance pour ne pas terminer trop tard.

Sur la carte, une belle option est à prendre : aller se placer de l’autre côté du cylindre de START et gagner 4 km sur la première balise. La deuxième se décidera une fois en vol, un retour par la plaine ou le relief.

Je décide de décoller tôt pour avoir le temps d’aller me placer de l’autre côté de ce START. Avec Chris, nous sommes les premiers à rejoindre la zone d’attente. Nous attendons nos camarades, qui arrivent au compte-goutte. Au final, nous serons seulement une dizaine à avoir choisi cette option. Le thermique est puissant et nous expulse au nuage en quelques secondes, nous faisons le tourniquet, rentrons et sortons de l’ascenseur, calculant le timing pour être au 10ème étage à 15h pétante, heure d’ouverture du start. Cette attente me parait interminable, les conditions éprouvantes commencent à me donner la nausée, je regarde les secondes défiler. Je sais qu’à l’ instant où le chrono sera lancé, mes appréhensions laisseront place à l’euphorie de la course, la boule poignant mon estomac s’envolera, mon pilotage deviendra automatique et ma concentration orientée vers un une seule tâche : avancer.

Mina Clavero : Dernière manche

La course est lancée, debout sur le barreau, le long de la crête, nous validons la première balise, demi tour et 4 km plus loin, nous validons la seconde. Nous décidons de prendre l’option relief pour rejoindre la troisième balise, toujours accéléré, relâchant le barreau dans les gros déclenchements, nous croisons les pilotes sur notre route alors qu’ils valident seulement la première balise. Dans les 10 petits génies que nous sommes, seulement quelques uns décident de passer par la plaine. Je prends la tête, à ma droite Sylvain, à ma gauche Franck, pas loin derrière Boboche. Un cavalcade entre français. A l’assaut !

Mina Clavero : Dernière manche

Les nuages matérialisent la masse d’air, les oiseaux nous indiquent les meilleurs noyaux. Une fois expulsés au plaf, j’augmente le rythme, collée au nuage, je me dirige vers cette avant dernière balise. Il reste 15 km. Nous ne voyons pas encore les autres. On y croit. On est là. Avec une avance considérable. Ca va le faire.

Mina Clavero : Dernière manche

Je quitte le nuage lorsqu’il reste 3 km pour atteindre le cylindre, et croyez moi, ce fût sûrement les 3 kms les plus longs de ma vie. Le nord qui jusqu’à présent ne nous avait pas trop dérangé vient nous enquiquiner, à 25km/h dans du -3, je me retrouve à une altitude critique une fois la balise passée. Objectif : monter. Mental : oublier la course. Tactique : trouver un thermique, peu importe sa force, reprendre de l’altitude puis une fois sortie de la basse couche ; chercher la meilleure VZ. Je trouve un +1, je m’y accroche. Mon + 1 s’améliore et gagne en intensité. Je reprends 200m et vois des oiseaux au vent du relief, je lâche mon thermique pour les retrouver. Sous eux rien, même pas de quoi faire monter un moustique. Je papillone. Les cums s’amincissent, certains disparaissent, les survivants se font brosser par le vent. Je ne trouve pas de quoi monter, les poursuivants arrivent, je sens le stress s’intensifier, sans parler de ma vessie qui éveille en moi une sensation d’urgence et réveille le sentiment de précipitation connu au petit matin.

Boucler la manche n’est pas gagné, après 5 journées de vol sur ce site, je commence à connaitre ses vices et aléas, et pourtant je manque de lucidité. J’aurais du conserver mon thermique anémique au lieu d’aller chercher un cum au vent. Le temps que je parvienne jusqu'à lui, il n’est plus que fumé, évaporé dans le lit du vent, je me pose sous les quelques gouttelettes d’eau matérialisant le souvenir d’un nuage.

Seulement 3 pilotes au goal, le reste de la compétition se pose en plaine, dans les 10 kilomètres restant.

Quelle beau début de manche, partagé avec les amis. On y a cru jusqu’au bout. Je n’ai pas rêvé que je faisais une de mes plus belles échappées, je l’ai fait. J’ai osé rêver que je la concrétisais. Certains vous diront que l’important n’est pas tant de rêver mais de pouvoir les réaliser. Les grands rêveurs vous diront que le rêve se suffit à lui-même. Après cette longue semaine faite de difficulté, je crois que celui ci se suffit à lui même.

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Mina Clavero : Manche 4 : IP7-pro, le retour !

March 8 2014, 13:29pm

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La surprise a fait tout son effet au décollage ! Après avoir attendu ma voile au PC, j'ai fini par me décider à monter avec la delta 2, j'allais la commencer à la déplier quand on m'a apportée ma voile. Elle a été acheminé en bus de nuit de Buenos Aires à Cordoba en bus de nuit et les organisateurs partis plus tard sont passés à la gare routière avant de monter au décollage.

Ovation sur le déco, quelle sourire sur mes lèvres ! Je n'y croyais plus ! On m'apporte un couteau, je déballe le paquet, c'est noël ! Tout est dedans, intact.

Mina Clavero : Manche 4 : IP7-pro, le retour ! Mina Clavero : Manche 4 : IP7-pro, le retour !
Mina Clavero : Manche 4 : IP7-pro, le retour !

Une manche de 62 km en triangle nous est proposée. Un start au relief, une balise à côté du lac, une autre tout au nord du site, une à l'aérodrome puis un cylindre de 6km en EXIT autour de cette dernière qui laisse de nombreuses possibilités.

Comme depuis le début de la compétition, le décollage cyclique a encore fait un bon nombre de victime. Je décolle dans les premiers, la joie a laissé place a un peu d'anxiété. Mon dernier vol avec le bête remonte au Brésil.

Je décolle dans un début de cycle et n'ai pas de mal à m'extraire. Les 7 km pour rejoindre le start sont une formalité. Je me colle sur le plateau, trouve de bons varios et me place sur le lieu d'attente. Je revis, quelle sensation, j'ai l'impression d'avoir des ailes, d'être intouchable. Ce que je vois je l'atteins. Je regarde ma voile au dessus de ma tête, lui fait un clin d'oeil, elle le sait, aujourd'hui, ça va filer !

Pour ceux parti ensuite, ce n'est pas la même, les cycles sont moins bons et ils ne sont pas arrivés a rejoindre mon placement, ce qui me permet de passer le start en tête, au plaf. J'avance le long du relief, collée au nuage. Avant de partir en plaine pour la balise, j'assure le plafond, j'attend la petite voile rouge qui arrive sous moi. Nous partons en tête, avec Maxime, pour ce premier cyclindre. Nous sommes dans le bleu, il est encore tôt, le raccrochage est incertain. Nous nous sortons de cette première difficulté mais une fois le lac traversée, une deuxième difficulté nous attend, bien plus corsé.

Des 3 pilotes en tête, je suis la seule à m'en sortir. J'avance doucement, guettant derrière moi. Je décide de me placer à l'ouest du plateau, les conditions ne sont vraiment pas faciles, je fais un point bas, puis un deuxième un peu plus critique. Je regarde derrière, guette l'arrivée du groupe de survivants. A plusieurs dans de tels conditions, ils sont normalement plus efficaces et je sais bien que je vais finir par me faire manger. De ce que je vois, ils sont restés sur le côté Ouest de cette petit crête et les thermiques sont moins bons et ne leur permet pas de me revenir dessus. A la deuxième balise, je trouve enfin un bon thermique qui me monte au nuage, un des rares présents dans le ciel de Mina Clavero aujourd'hui.

Je pars pour l’aérodrome, une longue transition vent arrière, je n'use pas trop de mon accélérateur, je sais que j'ai une bonne avance et je préfère optimiser ma finesse. Le temps d'arriver à la balise, deux options se dessinent dans ma tête : Trouver de quoi attendre mes camarades au dessus de l’aérodrome, gérer la fin de course en espérant gagner grâce au leeding OU conserver mon avance.

Quand j'arrive à mon point de décision, je n'ai pas le choix, je n'ai pas de thermique sous la main. Dans le bleu, je décide de partir en direction du décollage, au dessus des dalles. Etant déjà passée là lors d'une manche, je sais que ces zones déclenchent. Il me manque à peine assez d'altitude pour rejoindre la première cassure, pas d'oiseau, pas de déclenchement, je me pose à son pied. Il me restait 10km, 4 pour sortir du cylindre, 6 pour rentrer au goal.

10 minutes derrière, les premiers me passent au dessus de la tête, le raccrochage n'est pas gagné pour tous, certains s'en sortent, d'autres posent. Sur ceux qui s'en sortent, seulement 3 rentrent au goal.

Je n'ai pas vraiment l'impression d'avoir fait d'erreur sur cette fin de manche. Le côté aléatoire des conditions a fini par m'avoir, comme il a eu de nombreux pilotes tout au long du parcours.

Enfin, qu'est ce que ça fait du bien de retrouver le plaisir de la course. Dernière journée de vol aujourd'hui, je vais simplement essayer d'en profiter.

Mina Clavero : Manche 4 : IP7-pro, le retour !
Mina Clavero : Manche 4 : IP7-pro, le retour !

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Mina Clavero : Jour de pluie

March 7 2014, 02:49am

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Mina Clavero : Jour de pluieMina Clavero : Jour de pluie

La pluie menaçait dés le réveil, la décision de maintient ou d'annulation fût décalée à 11h30. Ils tombaient des trombes d'eau, pensant choisir une accalmie, nous sommes descendu au PC pour avoir la confirmation d'annulation, ce fût raté ! Enfin, trempée mais heureuse, une bonne nouvelle m'attendait : l’aéroport de Buenos Aires a appelé l'organisateur, Eduardo, ma voile vient de leur parvenir et devrait être là demain. Ce qui veut tout bonnement dire qu'elle n'est jamais partie de Paris ! Vous y croyez ???!!!

J'espère qu'elle sera là demain matin, ce qui est optimiste, pour ne pas dire utopique. Dans tout les cas, elle ne sera pas là avant le départ des navettes. Je pense attendre jusqu'au dernier moment au PC et puis monter au déco en taxi.. Cette compétition va finir par me ruiner !

Journée de repos, une sieste de 3 heures a bien occupé mon après midi. A mon éveil, un grand ciel bleu, la perturbation s'est estompée aussi vite qu'elle est venue. Un peu de shopping pour terminer la journée, je pensais trouver quelques souvenirs pour mes proches, je suis revenue avec un vrai faux sweet GAP bien épais.. Quand le soleil s'en va, les températures tombent et j'ai bien plus de débardeur que de pull dans ma valise. Pour les souvenirs, promis, j'y retourne avant la fin de la semaine !

La journée de demain devrait être volable. Mentalement, cette compétition est rude pour moi. Comment aborder la suite ? Sais-je encore voler sous une voile de compétition ? Et surtout va t'elle arrivée demain matin ? Non, sérieusement un vrai roman plein de suspens. Pour ceux qui hésitent encore, par exemple ceux sur les forums qui ont 2 cross à leur actif mais 300 heures derrière leur écran, vous devriez essayer la Coupe du Monde, sincèrement, on se marre bien !

La suite au prochain épisode...

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Mina Clavero : Manche 3 : Par dessus les cailloux

March 6 2014, 01:13am

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Mina Clavero : Manche 3 : Par dessus les cailloux

Avant d'arriver au PC, je ne savais pas encore quelle décision j'allais prendre. Nico, ne voulant pas me prêter sa voile éternellement, me propose une location à la journée à 50 dollars US. En somme : 35 euros par jour, ce qui reste correcte. Sauf que dans le principe, louer une ozone, qui de plus est une delta 2, ça me reste un peu en travers de la gorge. Dans l'espoir que ma voile arrive avant la fin de la compétition et que dans ce cas il serait dommage de ne pas avoir couru une manche, je décide de faire l’investissement.

Au déco, un grand ciel bleu nous attend sans l'ombre d'un cum. 68km avec des clock start pour pallier au côté cyclique du décollage. 1h20 d'ouverture de fenêtre, 4 start espacés de 10 minutes, le premier à 14h30 ; une balise le long du relief, une dernière en plaine, un goal à 2km de cette dernière. Pas de cône. A se demander qui est au comité pilote...

Les conditions sont anémiques, les ouvreurs stagnent à 200m au dessus du décollage. La sortie n'est pas évidente et aura raison d'une vingtaine de pilote. J'attends une quinzaine de minutes et c'est la chaleur qui a raison de moi. Pour ne pas craindre un séchage sur place, je me jette à l'eau.

Une heure pour rejoindre le start , soit une moyenne de 8 km/h. Seulement quelques pilotes sont prêts pour prendre le premier départ. A 14h30, je suis placée mais pas encore au plafond, je décide d'attendre 10 minutes pour prendre le second. S'en suit un long aller retour dans les pentes d'une belle montagne bien caillouteuse. Ah que je me sens bien. Poussée à fond, je rattrape le groupe du premier start à la balise et laisse derrière ceux de mon groupe. Le paysage est magnifique, les thermiques sont puissants, collée au relief je chemine à fond, mon moteur est pas loin d'exploser, il me manque un CV. Lorsque je me retrouve vent dans le nez, je finis par me faire rattraper. Avec ces EN-C, la différence de performance avec du vent arrière est acceptable, pour ce qui est du vent de face, c'est tout autre chose. En vélo à côté des scooters, j'assure le dernier plein au relief avant de partir pour 15km en plaine. Même à 3100, nous n'avons pas la finesse nécessaire pour rentrer au goal. Un thermique en plaine nous permet de partir pour le but, mon instrument me donne 150m d'altitude au goal, je suis joueuse, je pousse. Un peu avant de passer le cylindre des points temps, ma marge passe à 100, je dessoude les poulies afin d’avoir assez de gaz pour poser face au vent.

Je termine 15ème, première fille. Heureuse de mon vol. En réalité, très peu de pilote ont pris les 2 premiers start. Les conditions se sont installés tardivement et les meilleurs parti plus tard mettent 20 minutes de moins. Pour ma part, je pense avoir fait le bon choix, je n'aurais pas pu tenir la cadence des poursuiveurs. Heureusement, les leading bonus rattrapent un peu la chose.

Ma 2 CV s'en sort plutôt bien dans les conditions fortes à proximité du relief. Je connais bien ce problème, il me semble effectivement avoir le même... Je ne lui ai pas encore dit mais, moi, j'ai des chances de m'en sortir alors qu'elle... Enfin en lui rallongeant un peu le bord de fuite, en décalant les avants de quelques centimètres, qui sait ?

Qu'elle plaisir d'être de retour à l’hôtel avant 19h, avoir le temps de se baigner, de boire un coup, d'écrire ces quelques lignes.

Demain ? On verra !

Mina Clavero : Manche 3 : Par dessus les cailloux
Mina Clavero : Manche 3 : Par dessus les cailloux

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Mina Clavero : Manche 2

March 5 2014, 13:11pm

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Au réveil, quelques souvenirs musculaires de l'excursion de la veille me rappellent que je suis en compétition, qu'une manche m'attend aujourd'hui, et que je n'ai toujours pas ma voile.
J'attrape l'ordi, clique sur mon premier favoris : aireuropa.com, entre mon code, mon nom, et vois apparaître encore et toujours même message...


Ça y'est, j'ai des envies de meurtre. Je vais ebouillanter mon petit pain dans le café, trucider ma pomme en deux, saigner mon kiwi. Ce matin il ne faut pas me parler. La longue journée d'hier est encore présente et mes yeux retiennent quelques flots.
Autant je partais pour ma première manche avec curiosité, dans un bon esprit, autant ce matin, je n'arrive pas à positiver. J'en ai ras le bol! Une fois ma crise de nerf calmée, j'essaye de me reconditionner. Je vais voler, ni plus ni moins, monter en thermique, transiter, faire des balises.. me faire plaisir !?!

72 km sont lancés. Un start au relief, deux balises avec une composante vent arrière, 14 km de rentrée au goal vent de face ! Ça promet ! Reste à espérer que le vent ne soit pas trop fort ! Des que nous décollons, nous comprenons que c'est raté... 25km/h dans les dents! Rejoindre le rayon du start à 5km est mon premier défi. J'avance prudemment en bordure de plateau pour ne pas finir posé parmi les moutons. La patience a raison de ma prudence, je tire droit au dessus d'une gorge, sort le thermique et me fait satellisé, je passe dessus la grappe qui attend le coup de feu. 300m au dessus, je valide le rayon, poussé à coin avec ma 2 CV, j'arrive avec les premiers au thermique suivant. Je comprends rapidement que je ne vais pas supporter longtemps le vol avec mes petits camarades, quand une fois sorti du thermique, ils poussent sur leur barreau..

Je tire droit sous un cum près du relief, allonge ma trajectoire, perd du temp.. Au moins je suis seule et quand je crie, personne ne m'entend !

Une fois la dernière balise passé, reste une longue rentrée au goal face au vent. Il est plus de 17 h30, les conditions s'éteignent, j'avance à 12 km/h. Je ne fais pas long feu. 58km de vol où le plaisir n'a pas vraiment été au rendez vous. La frustration m'a mangé me toute cru. Je n'ai pas su résister.

Récupéré à 20h30, arrivé à 21h45 à la maison. Les journées sont longues.

Pas de pilote au goal, tous posé sur cette longue dernière branche.

C'est la fin de 4 jours fériés en Argentine, j'ose espérer que c'était ces festivités qui empêchaient à ma voile de parvenir jusqu'à moi.

Si elle n'arrive pas demain, je fais du cheval.

PS :Pas d'appareil, pas de photos à vous proposer, vous en trouverez sur le blog de Maxime et de Sylvain.

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Mina Clavero : Manche 1

March 4 2014, 13:05pm

Posted by Bip bip

Au petit déjeuner, le ciel encore gris laissait apparaître une trouée bleu à l'horizon. Café, brioche à la dulce de leche, banane, de quoi remettre de l'essence dans le moteur pour cette première journée de compétition un peu particulière. Départ du PC course à 10 heure pour une arrivée au col 20 minutes plus tard. Les voiles sont transportés en camion 4x4 jusqu'au décollage, les pilotes ont 20 minutes de marche, soit un saute mouton sur les rochers pour ne pas se tremper les pieds. La perturbation a laissé beaucoup d'eau sur son passage.

A 11h30, nous sommes en place. Le camion déverse les voiles au compte-goutte, faisant les aller retour du col au déco.

Je fini par récupérer ma nouvelle voile, une belle ozone Delta2 bleu qui sera ma moitié au moins pour la journée. En guise de hamac une impress3, avec un accélérateur que j'ai pris soin de tendre à son maximum. J'ai mon CPilot, pas de vario ni de radio, ces précieux accessoires sont restés dans ma voile. Le casque semble m'aller, on me prête une paire de gants, je suis parée. Excepté pour les lunettes, celles que j'utilise pour le vol ainsi que mon masque sont quelques part dans un aéroport avec ma voile... à voir sur la photo, c'est un certain style, d'un goût certain...
Enfin, j'ai tout ce qu'il faut pour voler. J'ai également une boule au ventre qui me rappelle mes premières compétitions lors de mon année au pôle de Font Romeu avec ma première et dernière EN - C, une Antea2 de Sky Paraglider. Je me souviens de ma première manche bouclée à Moulis, en 9 ème et dernière position après le premier Maxime Pinot. J'avais fait un détour énorme pour suivre les nuages et être sûr de rentrer, j'étais arrivé au goal un peu avant l'heure de fin de manche avec au moins 900 m de gaz. Je me souviens de Marco qui m'avait demandé à la radio :"Laurie, tu es sur que ça rentre? Dans le doute, je crois bien que j'avais fait un ou deux tours de thermique en plus...
Je me souviens aussi d'une manche B à la clusaz, 75 km, ce qui était ma plus grande distance.. J'avais terminé 8ème, devant un bon paquet de GUN venu s'amuser sur B. J'avais su rebondir sur les bons cycles, voler haute sans jamais pousser à fond. C'était encore l'époque ou le mot accélérateur me faisait peur. Et pourtant, j'avais réussi.

Mina Clavero : Manche 1Mina Clavero : Manche 1

Avec un peu de musique, quelques morceaux de Alt-j, voilà à quoi je pensais pendant que le comité de pilote nous concoctaient une manche.
52 km, un start devant, une balise 25 km au Sud Ouest, un retour à Mina Clavero. Une fois les bugs de mon GPS réglé (merci qui?), le gong a réellement sonné. Les conditions n'ont pas du l'entendre. Les thermiques hyper cycliques en posent plus d'un. J'étais parti pour décoller tôt, apprivoiser ma nouvelle voile, je me suis vite ravisée.

Nous attendons pour choisir le cycle de la journée, 15 minutes avant le start. Ma voile semble plutôt bien monté en thermique, du moins quand je suis avec d'autres pilotes. Seule, j'ai pour unique référence une douce mélodie du flymaster mélangé au son de mon CPilot, qui semble m'indiquer quand je monte ou je descends. Pour ce qui est des transitions, no comment...

Deux options se dessinent, plaine ou relief, pas la peine de préciser laquelle j'ai choisi... J'assure un top 15, continue à mon rythme, sans jamais pousser à fond, essayant d'optimiser les trajectoires. Nous longeons une face Nord qui rapidement tourne à l'Ouest. Lors du passage de cette compression, ma vitesse de 8km/h passe en négatif quand je rentre dans les thermiques. Je ne pensais pas avoir de sueur froide avec ma nouvelle copine, mais comme quoi ! Quelle affreuse sensation de se sentir coincé, de sentir les portes se refermer, comme une mongolfière, témoin de la masse d'air. Quand je commence à ressentir ce genre de sensations sous ma voile habituelle, c'est que j'ai clairement dépassé les limites et que je suis en danger..

Une fois l'accélération passée, je décide de prendre un peu plus de marge au relief. Je retrouve Franck à moins de 2km de la balise. Contente d'avoir un peu de compagnie, je jette un oeil à l'horloge pour prévisualiser la suite : estimation de l'heure d'arrivée au but : 18h15, soit l'heure de fermeture de la manche. J'ai à peine le temps de me dire que ça va être tendu que le Flymaster hurle : la manche est annulée à cause du vent.

Mina Clavero : Manche 1Mina Clavero : Manche 1
Mina Clavero : Manche 1

Les cums présents lors de l'allé ne sont plus que des nués lors de notre retour. Je décide de ne pas tenter la traversée de la gorge et de poser sagement là où il y a encore de quoi toucher le sol en sécurité. Je choisi un coin où les buissons n'ont pas encore atteint leur taille adulte. S'en suit une heure de marche dans les cactus, puis une traversée de rivière avant de retrouver un chemin. Mes jambes écorchées étaient presque soignés, ce soir, je n'ai même pas oser les regarder en me passant du désinfectant.

J'ai retrouvé 3 autres pilotes, nous avons attendus ensemble la récup. L'organisation ne me semble pas encore au point, nous avons été récupéré à 21h45.

Une manche qui score très peu, heureusement, car le côté cyclique du décollage en a désavantagé plus d'un.

Une 15ème place pour moi. Pas pire. Mais p***** qu'est ce que c'était chiant...

Les résultats sont là : http://pwca.org/results/results/

Maman... je veux mon parapente....

Mina Clavero : Manche 1Mina Clavero : Manche 1

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Mina Clavero : Première journée de compétition : Annulée

March 3 2014, 01:04am

Posted by Bip bip

La pluie avait cessé à notre réveil mais l'atmosphère restait bien humide. Le départ dés navette prévu à 10 heures fut annulé juste avant.

Petite forme pour moi, sûrement le contre coup du voyage, j'ai regardé du coin de l’œil ma paire de basket, la joue collée sur l'oreiller. Les températures ayant bien baissé, la petite excursion en ville pour aller manger une glace a fini par nous conduire vers un chocolat chaud. J'espère que le soleil serra là demain et suffira à absorber tout cette humidité.

Toujours pas de nouvelle de ma voile, en IP7-pro ou en Delta2, peu importe, j'ai envie de voler.

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Mina Clavero : Jour 2

March 2 2014, 13:31pm

Posted by Bip bip

Mina Clavero : Jour 2

Attendre, espérer, ne pas trop regarder le ciel, marcher, positiver, du moins essayer, voilà à quoi se résume ma journée.

Un entrainement plutôt sympa pour les pilotes dans des conditions plus homogènes que la veille malgré de gros nuages deversant quelques gouttes. 

En soirée, nous sommes allés nous inscrire. Quelle étrange sensation que fût cette inscription, exepté pour la météon, je n'ai jamais eu une aussi grosse incertitude sur le lendemain. Ma voile n'ayant toujours pas donné signe de vie, je suis passée au plan B dés le début de soirée : Trouver un objet volant. J'avais également un plan C : faire la danse de la pluie, un plan D : boire assez de vin rouge pour se réveiller seulement demain soir et un plan E : coller des ailes a un cheval... ce qui nécessite d'avoir validé la première étape du plan D..

Heureusement, je me suis arrêtée au plan B : un pilote de l'organisation me prête sa delta 2 en taille SM, soit 70-95 kg. Un grand merci à lui.

J'ai comme l'impression d'aller faire un géant avec une paire de ski de fond ou trail en sandale... Enfin, vu les conditions locales, boucler peut parfois être le maitre mot, les moyennes de vol sur les 2 derniers jours étaient de l'ordre de 25 km/h. Boucler une manche de Coupe du Monde en EN-C, c'est presque avec envie que je relève le défi !

J'espère tout de même recevoir ma voile aujourd'hui. Le réglement a changé, nous avons maintenant des discard sur les Coupe du Monde et pas uniquement sur la Super Final. Discard à 20%, ce qui enlève une manche sur 5. Reste à trouver 5 journée de vol, ce qui n'est pas gagné. 

Je n'ai pas fait de danse de la pluie, mais il a plu toute la nuit.

Mina Clavero : Jour 2

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Mina Clavero : Jour 1 : En attendant ma voile

March 1 2014, 15:40pm

Posted by Bip bip

Après 3 avions, 5 aéroports différents, 1 taxi, 2 bus en 30 heures de voyage, je suis arrivée à Mina Clavero... sans ma voile, qui doit encore se la couler douce à Madrid.. Pour le moment, je n'ai pas grand chose à faire, sauf espérer qu'elle arrive avant que la première manche soit lancée. Les organisateurs ont pris la chose en main et il y a des chances qu'ils arrivent à la récupérer à Cordoba aujourd'hui.. dans le meilleur des cas. Et je me force à ne pas imaginer le pire ! Surtout quand j'essaye de tracer ma voile en ligne et que je lis : LA BÚSQUEDA CONTINÚA. POR FAVOR, CHEQUÉE MÁS TARDE.

Enfin, journée de découverte au sol hier. Équipée d'une paire de basket et d'un sac à dos, j'ai accompagné Maxime au décollage pour voir à quoi ressemble le site de vol. Une belle crête faite de gros bloc qui donne nullement envie de s'y aventurer sous un parapente, ou un secours. L'accès au déco se fait à pied.. 20 à 30 minutes de marche sur du faux plat descendant. Il parait qu'ils devraient trouver des navettes capables de rouler sur le chemin d'accès avant le début de la compétition.. La marche n'est pas tant dérangeante, excepté avec 33 kilos sur le dos.

Mina Clavero : Jour 1 : En attendant ma voileMina Clavero : Jour 1 : En attendant ma voile

L'air d'envol ne s'apparente pas vraiment à un décollage de Coupe du Monde, un terrain plat rempli de caillasse suivi d'une cassure. Le site est posé sur une longue crête, derrière un plateau, au sud de belles montagnes et devant, une énorme plaine. Pour ceux qui connaissent, ça ressemble à Ager en Espagne, en plus montagneux. Un joli terrain de jeu, pas facile d'après ceux qui ont pu voler, des conditions petites mais teigneuses.

Une fois les pilotes en l'air, j'ai essayé de trouver le chemin qui mène à l’atterrissage sans y parvenir. Une bonne heure de désescalade entre les blocs pour finir par remonter et retourner à mon point de départ, les jambes bien écorchées. Par chance, une pilote m'a proposée de redescendre sa voiture et j'ai pu rentrer à mon hôtel dans l'après midi. J'ai terminé la journée par un peu de tourisme dans la ville, un petit tour dans la piscine, et une belle entrecôte.

Ci dessous quelques images du site : 

Jour 1 Mina Clavero from Laurie Bip-bip on Vimeo.

Aujourd'hui journée officielle d'entrainement, le ciel est couvert.

 

Je vais attendre sagement ma voile.

 

 

 

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