Pas de nouvelles ? Bonnes nouvelles ?
J'ai effectivement passé sous silence un grand évènement. En amont de la compétition je savais déjà que je n'allais pas publier de billets, simplement pour profiter de l'instant et le vivre personnellement. Mais aussi car tenir un blog à jour prend du temps. Avec une telle météo, c'est sûr que j'aurais eu le temps d'écrire... mais pour vous raconter quoi ?
Avec un peu de recul, il y en a des choses à dire ! Et c'est une semaine après l'évènement que je reviens sur cette grande première.. bien particulière !
Avant
Des longues phases de doutes, puis des moments de confiance, du calme et des tempêtes, des peurs et... des peurs. Suis-je
prête ? Beaucoup de stress, et trop de pression. Quand est ce qu'il pète ce bouchon ? Je m'apprête à réaliser ma première Coupe du Monde, ça y'est.. On y est ! Je suis terrorisée.
A l'inscription, j'ai exactement 12 heures de vol sous mon Icepeak. Ce qui est peu. Une forme qui est loin d'être au top, des performances en vol franchement moyennes. Mais ce n'est plus le moment de penser. La préparation est là, j'ai suivi mon planning, j'ai fait ce que j'ai pu en fonction de la météo et de mon état de forme et je sais ce qu'il me reste à faire, l'heure a sonné, on arrête de penser et on rentre en action.
Pendant
Entre pluie, vent, et arc en ciel, se succèdent des journées annulées et des tentatives ratées. La seule manche réalisée est courue dans des conditions très difficiles, avec une masse d'air bien instable et un fort vent de Nord-Est, elle est stoppée tardivement après 4 accidents.
Une prise de conscience sur la part de responsabilité des pilotes concernant leur sécurité. Après la saison dernière et on ne peut plus se permettre d'avoir autant d'incident sur une manche. On a changé nos ailes, et alors ? Était-ce réellement le problème ? Non, et on le savait. On peut espérer que cette prise de conscience sera généralisée au sein du milieu de la compétition et que les réflexions qui mèneront aux actions n'attendrons pas une nouvelle saison !
Une seule manche de valide donc sur l'ensemble de la semaine. Je rate la première marche de 13 points, mais peu importe, j'ai assuré ma sélection pour la super finale et je valide ainsi un des principaux objectifs de ma saison.
Photos : Martin Müller
J'en profite pour remercier l'organisation, Joël et Pierre pour leur optimisme ainsi que tout les bénévoles du club des Chamoix Volants. Je suis aussi déçue pour eux qui s'investissent énormément avec pour seule récompense de voir des grappes de compétiteurs orner le bassin Annécien et des sourires sur les lèvres des pilotes, et qui n'ont eu que des gouttes pluies et des visages désespérés.
Voici quelques belles photos de Michel Farrugia, le photographe de Parapente Mag :
http://www.frg-sport.com/parapente/PWCAnnecy/index.htm
Et de Stéphane Boulanger :
http://videoparapente.over-blog.com/article-pwc-annecy-105267781.html
Après
Une longue semaine donc, plus difficile moralement que physiquement. Malgré les aléas et un évènement en demi teinte, j'ai coché une case; ma première coupe du Monde, ma première manche chez les grands.. J'ai poussé une porte et je suis rentrée dans un nouveau monde, une monde où le deuxième barreau est ton sixième orteil et où les commandes ont pour unique fonction de faire demi tour une fois la balise validée.
Je suis encore loin
de voir apparaître chez moi de telles modifications génétiques et ce type de restriction motrice.. Mais c'est tant mieux ! Car certains commencent par de petites modifications, et puis finissent par modifier l'agencement de toutes leurs vertèbres, remplacent leurs côtes, scindent leur
bassin.. Croyez moi, vaut mieux toucher à rien... mis à part aux freins !




